Présenté par Maud CENA
Source : Le Chevaucheur Royal
Traduction :
C’est qu’elle était toute remplie de gros pots en grès et de corbeilles en osier mais ces dernières étaient presque vides.
Point de mâche, ni pommes de terre, ni betteraves, rien que des haricots. Il aurait voulu en ramener plus, au moins un quintal de petites pommes de terre et ça lui faisait de la peine. Il rentrait dîner et il savait que sa mère allait lui faire des réprimandes. Il ne voulait pas pleurer devant elle. Elle bougonneait tout le temps après lui. Pourtant il avait commencé à l’aube. Après avoir petit-déjeuné, il avait allumé le feu, nourri les vaches à l’étable, rempli l’auge des porcs.
Au village tout le monde le prenait pour un nigaud, un incapable avec son cartable sur le dos complètement fou, se hâtant en passant par les raccourcis.
C’était pourtant pas un garnement. La goutte au nez, le visage marqué par des tâches de rousseur. Paul était le dernier de la famille. Ses grands frères l’embêtaient, lui envoyaient toujours des moqueries, le mordaient parfois, l’apeurant avec la bête faramine (animal fantastique).
Ils étaient débrouillards, avaient des relations avec les filles des villages voisins, jouaient de l’argent à la belote, le gênaient tout le temps, et s’enivraient régulièrement dans les bals.
Hier encore ils s’étaient saoulés et étaient en retard pour se lever du lit le matin. Lui, il travaillait tous les jours aux champs. Ce matin, il était passé par le petit cours d’eau pour aller plus vite. Mais tout à coup, coup il avait dégringolé sur le sable granitique, s’étaient fait mal à orteil et maintenant la blessure l’élançait.
Un peu plus et ses outils tombaient dans la mare ! C’était pas de la mauvaise qualité et ils lui étaient bien utiles. La serpette et la faux lui auraient manqué pour débroussailler la vigne et heureusement qu’il s’était habillé en vieux vêtements usagés !
En plus, cet après-midi, alors qu’il arrivait en haut du sommet, il y avait de grandes éclairs dans le ciel et la forte averse qui s’en était suivie l’avais tout trempé. Nulle part pour s’abriter. Il s’était alors accroupi en attendant la fin de l’orage.
Rentrant manger, il rêvait de gésiers de volailles accompagnés de pommes de terre à la poêle, de frittons de porc, de fromage mi vache-mi-chèvre, de beignets et d’un chausson au fruits chaud que la la bru savait si bien préparer.
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